Conseils permis moto : Le freinage

Le freinage

Con

. Avant d’étudier la technique de freinage , je vais d’abord vous expliquer comment calculer en distance métrique le temps de réaction et la distance de freinage, mais pour commencer, petite explication physique sur “mais pourquoi ça freine” qui va rapidement mettre en évidence la différence d’efficacité des différents systèmes de freinage.
.
Tout objet en mouvement emmagasine de l’énergie cinétique, fonction du poids en déplacement et de la vitesse, agir sur les freins consiste à restituer cette énergie en la transformant en énergie calorifique, production de chaleur engendrée par le frottement des plaquettes de freins sur les disques. Plus la dispersion de chaleur sera importante plus l’énergie cinétique se réduira rapidement.
Vous pouvez déjà comprendre pourquoi les systèmes de freins à tambour à l’avant ont totalement disparus, les mâchoires étant emprisonnées dans le tambour, la dispersion calorifique est beaucoup trop insuffisante pour obtenir une distance de freinage réduite.
A l’inverse, les freins en carbone (disques+plaquettes, le TOP) dispersent très rapidement la chaleur, distance de freinage plus courte mais malheureusement inadaptée pour une utilisation hors circuit, système totalement inefficace si la température des disques n’est pas élevée.
.
Calculer la distance de freinage (DF) :
La vitesse est le facteur prépondérant dans le calcul de la distance de freinage :
Quand la vitesse augmente, l’énergie cinétique augmente, mais pas proportionnellement.
Lorsque l’on double la vitesse du véhicule, l’énergie cinétique est multipliée par 4, plus d’énergie à restituer = distance de freinage multipliée par 4 ; si on la triple, elle est multipliée par 9.
La Distance de Freinage est donc proportionnelle au carré de la vitesse.
.
Il faut aussi introduire dans le calcul de la distance de freinage, le coefficient de frottement au sol (f), fonction de l’état de la route et du revêtement sec (f=0,6 à 0,9) ou mouillé (f=0,3 à 0,5), la gravité, la vitesse du vent, la température extérieure, le poids du véhicule (à vitesse égale, un camion devra restituer beaucoup plus d’énergie qu’une moto), l’état de votre moto (système de freinage, état et pression des pneus, amortisseurs…) et vos compétences.
Pour éviter un calcul trop compliqué voici une méthode simple et approximative.
.

 

Méthode de calcul approximatif :
.
Pour calculer la DTR, Distance effectuée pendant le Temps de Réaction, environ 1 seconde, si vous êtes concentré et avec un taux d’alcoolémie égal à zéro, multipliez la dizaine de la vitesse par 3.
exemple :
50 km/h (5×3=15) DTR = 15 mètres
110 km/h (11×3=33) DTR = 33 mètres
130 km/h (13×3=39) DTR = 39 mètres
Pour calculer la DA, Distance D’Arrêt (DTR+DF) SUR ROUTE SECHE, multipliez la dizaine de la vitesse au carré -10%.
Exemple :
50 km/h (5×5=25-10%) DA = 23 mètres.
110 km/h (11×11=121-10%) DA = 109 mètres.
130 km/h (13×13=169-10%) DA = 152 mètres.
Pour calculer la DA, Distance D’Arrêt (DTR+DF) SUR ROUTE MOUILLEE, multipliez la dizaine de la vitesse au carré+30%.
Exemple :
50 km/h (5×5=25)+30% DA = 32 mètres.
110 km/h (11×11=121)+30% DA = 157 mètres.
130 km/h (13×13=169)+30% DA = 219 mètres.

 

 

.
Interrogation écrite :
Prenez une feuille A3, faites une marge de 2cm et calculez la DTR et la DA sur route sèche et mouillée avec une vitesse de 230 km/h, BEGIN, vous avez 10 secondes.
Vous devez arriver à une conclusion simple, à cette vitesse, le temps que l’oeil identifie un obstacle entraînant un arrêt obligatoire… vous aurez beaucoup de chance d’en sortir vivant.
.
A la vitesse à laquelle nous nous déplaçons, généralement supérieure aux limitations de vitesse, quand il y a réellement urgence c’est déjà beaucoup trop tard pour espérer s’arrêter dans les distances imparties, mais tout n’est pas perdu, notre vraie force c’est notre faible encombrement, lors d’un freinage d’urgence, la véritable urgence c’est de trouver un espace suffisant pour y glisser notre moto.
.
L’anticipation, le respect des distances de sécurité et l’absence d’abus sur les dépassements des limitations de vitesse peuvent facilement contribuer à une vie de motard sans freinage d’urgence.
Cette théorie restant qu’une théorie je vous invite quand même à lire la suite.

 Conseils permis moto : Le freinage

course moto

 

 

.

moto 2

Consterné, après de nombreuses visites sur différents sites moto (ou forum) essayant de vous expliquer la technique de freinage, j’en arrive à la conclusion qu’il y a certainement beaucoup de motards qui ne savent pas utiliser correctement les 2 freins de leur moto et qui, malheureusement, distillent des informations franchement ringardes : “le frein arrière ne sert à rien”, “le frein moteur c’est 15% du freinage”, “le freinage d’urgence est dégressif”…
L’utilisation des freins étant une des bases fondamentales de la conduite, j’espère que pendant votre formation au permis vous avez abordé en profondeur leurs utilisations.

 

.
Points déterminants :
– Le freinage en moto est progressif.
– Le freinage en voiture est dégressif.
– Le frein arrière est très important.
– L’absence de frein moteur est dangereux.
– Seul le frein avant mérite le nom de FREIN.

 

 

.
Je pars du principe que vous êtes un motard responsable et que votre moto est en bon état, pneus, freins, amortisseurs; l’explication est un peu technique mais comme pour les différents dossiers traités nous allons appliquer les lois physiques imposées par une moto.
.
L’énorme différence entre votre moto et une voiture, c’est le transfert de masse, lors d’un freinage, même sans urgence, une moto plonge beaucoup plus sur l’avant, c’est ce transfert de masse qui nous oblige à utiliser les freins plus que correctement.
.
Rôle du frein arrière :
Plus précisément “rôle du stabilisateur arrière”, le frein arrière ne mérite pas le nom de “frein”, mais son utilisation est prépondérante pour un freinage sans risque.
.
– Augmente la dispersion calorifique.
– Limite le transfert de masse sur l’avant.
– Stabilise la moto.
.
Quand vous utilisez votre frein arrière, la moto ne fait que ralentir, mais le plus important c’est qu’elle s’assoit (enfoncement de votre suspension) sur votre roue arrière, le poids que vous venez d’ajouter limitera le transfert de poids sur la roue avant et augmentera la stabilité de votre moto.
Ne pas utiliser votre frein arrière c’est :
.

 

– Augmenter le transfert de masse sur l’avant.
– Augmenter le risque de blocage de la roue avant.
– La perte totale de stabilité.
– L’augmentation de votre distance de freinage.

 

 

.
Rôle du frein moteur :
Le frein moteur ne contribue pas à 10, 15 ou 20% du freinage, son rôle unique est de fortement assister notre “stabilisateur arrière” en limitant le risque de blocage, ces deux éléments fonctionnent en duo.
Le frein moteur nous permet uniquement de garder un contrôle aisé du frein arrière, en débrayant vous annulez la relation moteur/roue arrière, ce qui entraînera immédiatement le blocage de la roue, la diminution de dispersion calorifique, aucune stabilité et l’augmentation de la distance de freinage.
.
Rôle du frein avant :
Le seul est unique FREIN, il n’y a que le frein avant qui vous permettra de vous arrêter, mais il va falloir l’utiliser correctement, avec beaucoup de finesse et sans le dissocier du frein arrière et du frein moteur.

.

Technique de freinage :
.
En observant le transfert de masse vous allez facilement vous rendre compte que l’arrivée supplémentaire de poids sur la roue avant, doit obligatoirement se négocier sans brutalité, le transfert de masse (fonction du poids de votre moto et du débattement de la fourche) étant important, la surface au sol de votre pneu avant ne supportera jamais un transfert trop violent.

Utilisation du frein arrière :

 

Limiter le transfert de masse c’est d’abord utiliser correctement son frein arrière sans rechercher l’optimisation (rappel, le frein arrière n’est qu’un stabilisateur réducteur de transfert de masse); la pression sur le frein arrière est toujours la même, que ce soit pour un freinage d’urgence ou simplement pour vous arrêter à un stop.
Que ce soit pour un frein à tambour ou à disque le principe est identique.
En appuyant sur votre pédale de frein vous allez sentir un “point dur” inutile d’appuyer plus fort, cette pression est suffisante, dépasser le “point dur” et ça bloque, une fois le “point dur” atteint vous maintenez la pression jusqu’a l’arrêt.

 

 

Utilisation du frein avant :

 

Avec tous vos doigts sur le levier, si il y a vraiment urgence il va falloir associer rapidité, force et douceur, le petit doigt étant le plus sensible il vaut mieux ne pas l’oublier.
Si le transfert de masse est trop violent (attaque sur le levier comme un bourrin) c’est la sanction immédiate, trop de poids trop rapidement sur une surface au sol trop réduite, la roue avant se dérobe immédiatement, vous êtes au tas!!
L’attaque sur le levier doit être obligatoirement progressive, on tire progressivement sur le levier pour transférer progressivement le poids sur la roue avant, cela ne veut pas dire à l’allure d’une limace, mais obligatoirement en associant rapidité, force et progressivité.
A faible allure, l’attaque trop violente provoque le blocage du système de freinage, au tas!!
A allure rapide, l’attaque trop violente provoque la glisse de la roue avant, au tas!!
En voiture vous pouvez attaquer très fort dés le début, transfert de masse réduit, surface au sol plus importante, c’est quand la pression de freinage deviendra plus importante que la rotation des roues qu’il va falloir vous méfier et anticiper en relâchant légèrement la pression (freinage dégressif) sur la pédale de frein.

 

 

.
Technique de freinage :
.
Pour effectuer correctement un freinage vous devez utiliser vos deux freins, soit simultanément, soit avec une légère avance pour le frein arrière, stabiliser et réduire le transfert avant tout, si vous freinez d’abord de l’avant vous ne pourrez plus limiter le transfert de masse.
.
Exemple :
Je freine d’abord de l’avant, la moto plonge et déleste ma roue arrière, si maintenant je freine de l’arrière, non seulement je ne pourrai plus intervenir sur le transfert de masse, mais en plus, freiner une roue délestée entraînera immédiatement le blocage de ma roue arrière.
.

 

En décomposant

1 Utilisation du frein arrière : Point dur, pression constante.
2 Utilisation du frein avant : Rapidité, force et progressivité.
3 Un coup d’oeil rétroviseur.

 

 

.
Et le frein moteur ??
Lors d’un réel freinage d’urgence ne touchez jamais à l’embrayage, sauf dans le dernier mètre, si vous voulez éviter de calé.
.
Exemple :
Si vous débrayez par panique ou pour rétrograder une vitesse, je vous rappelle que le frein moteur ne contribue en rien à la réduction de la distance de freinage, rétrograder pour augmenter le frein moteur ne réduira pas la distance de freinage, par contre en annulant la relation moteur/roue arrière (roue libre si vous préférez) c’est le blocage immédiat de la roue arrière, perte de stabilité, distance de freinage rallongée et si votre allure est plutôt élevée… au tas!!

Conclusion :
Lors d’une situation vraiment urgente, concentrez vous sur la qualité de votre freinage sans greffer l’utilisation de l’embrayage, n’oubliez pas qu’en généralité il est déjà trop tard, tout en ralentissant cherchez une solution d’évitement, beaucoup plus sécurisante qu’un arrêt total surtout si pendant votre freinage vous avez un automobiliste collé à votre roue arrière.

.
.

Halte aux légendes motardes :

  • Une roue bloquée diminue la distance de freinage :Faux, elle l’augmente.
  • Le freinage c’est 70% sur l’avant et 30% sur l’arrière :Faux, il n’y a qu’un frein sur une moto, c’est le frein avant et il contribue à 100% au freinage, le limiteur de transfert de masse arrière et son assistant moteur ne servent qu’a stabiliser et à sécuriser votre freinage.
  • Le freinage en moto c’est comme en voiture : Faux si après lecture de ce dossier vous y croyez encore, re-lisez très lentement tout le contenu, en vous imaginant à 130 sur un Trail (transfert de masse important) et sur route mouillée.
  • Le frein arrière ne sert à rien : Faux si après lecture de ce dossier vous y croyez encore, re-lisez très lentement tout le contenu., en vous imaginant à 130 sur un trail…
  • L’ABS en moto c’est inutile : Si vous êtes un excellent freineur c’est vrai, mais la sécurité au quotidien apportée par ce système, surtout sur route mouillée ou fortement dégradée, éviterai pas mal de gamelle.
  • Les pilotes de Grands Prix moto attaquent très fort les freins et restent sur leurs roues : Vrai, mais comparé votre moto à une moto d’usine :-))) (freins Carbone, pneus slick, faible transfert de masse).

 

 

 

 

seils permis moto : Le freinage